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Les chiffres clés sur les femmes et la tech

Les femmes sont sous-représentées dans le domaine du numérique. Découvrez les chiffres clés et l'histoire des femmes et de la tech.

Une sous-représentation des femmes dans le domaine du numérique

Les femmes sont sous-représentées dans le domaine du numérique (30% des salariés du secteur du numérique, tous métiers confondus) et les chiffres ne s'améliorent pas. Les résultats de l'étude Gender Scan 2019, menée par le cabinet Global Contact, mettent en évidence une chute importante des effectifs de femmes dans les formations et métiers tech en France :

  • la proportion de femmes diplômées baisse de 2% dans le numérique en France entre 2013 et 2017
  • la proportion de femmes actives dans les emplois de haute technologie en France baisse de 1% entre 2013 et 2018

En France, selon l’étude du «Journal du Net», aucune grande entreprise du numérique n’emploie plus de 30 % de femmes. Dans certains cas, la proportion descend même sous les 20 %. Cette tendance se constate également dans l’Union Européenne :

  • Si 57 % de l’ensemble des diplômés de l’enseignement supérieur sont des femmes,
  • seulement 25 % ont obtenu un diplôme dans les filières du numérique,
  • et 13 % de ces diplômées travaillent dans le secteur du numérique.

En outre, lorsque l’on regarde le niveau hiérarchique des femmes dans le numérique, on note que plus il y a de responsabilités, moins les femmes sont représentées : seulement 18,5% des responsables sont des femmes selon l’étude réalisée par l’organisation AnitaB.org en 2019.

A la Silicon Valley, le fief de la Tech mondiale, seules 13% des femmes accèdent à des postes de management dans les entreprises technologiques, et les entrepreneuses ne dépassent pas les 7%.

De plus, les femmes se heurtent à des barrières lorsqu'elles lancent leur start-up comme le révèle le baromètre réalisé par Sista et Boston Consulting Group (BCG) : en moyenne, les startups fondées par des femmes ont 30 % moins de chance que celles fondées par des hommes de lever des fonds. Selon le baromètre mis en place par SISTA, les start-ups fondées par des femmes n’ont levé que 2% des investissements depuis 2008. Seules 5% des startups françaises seraient fondées par une équipe 100% féminine. De même, seulement 10% auraient une équipe fondatrice réunissant les deux sexes.

En revanche, élément extrêmement intéressant selon l’étude, menée par BCG : les startups co-fondées par des femmes ont un meilleur rendement. Pour un dollar investi, les fonds récupéraient 0,78 centimes pour une startup féminine contre 0,32 centimes pour une startup masculine.

Néanmoins, la dernière édition du baromètre SISTA, CNNum et BCG montre que la mixité dans la création et le financement de startups progresse, malgré l’héritage de l’écosystème qui pèse encore.

Lire l'étude 2021

Il est donc nécessaire d'agir et de s'engager pour réduire ces inégalités, d'autant plus que cette sous-représentation des femmes dans le secteur numérique est un fait récent : en effet, les femmes ont été pionnières dans le secteur de la Tech.

Les femmes et la Tech : une vielle et belle histoire

Elles s’appellent Ada Lovelace, Grace Hopper, Hedi Lamar, Mary Keller, Margaret Hamilton, etc. ce sont toutes des pionnières de l’Internet et de la Tech en général.

Commençons par Ada Lovelace qui a créé le premier programme informatique en 1843. Elle a réalisé les premières ébauches d'une écriture formelle des instructions à employer avec une machine analytique pour réaliser des calculs donnés. Fille du poète britannique (lord Byron) et d'une mathématicienne (Anne Isabella Milbanke), Ada Lovelace a collaboré avec le mathématicien Charles Babbage, inventeur d’un système mécanique considéré comme le précurseur des ordinateurs.

Passons à Hedy Lamarr actrice, productrice de cinéma qui a joué avec les plus grands réalisateurs  King Vidor, Victor Fleming, Cecil B. DeMille, etc. Mais outre sa carrière réussie au cinéma, elle a marqué l'histoire scientifique car Hedy Lamarr est aussi inventrice. Elle a déposé en 1941 un brevet pour sécuriser les télécommunications, toujours en usage dans les liaisons wifi et bluetooth.

En 1945, Kay McNulty, Betty Jenning, Betty Snyder, Marlyn Meltzer, Fran Bilas, Ruth Lichterman, surnommées les «ENIAC six», ont été les premières à programmer l’ENIAC, l’un des premiers ordinateurs de l’histoire. L'ENIAC est l'acronyme de l'expression anglaise Electronic Numerical Integrator And Computer – Ordinateur et Intégrateur numérique électronique.

Quant à Grace Hopper, elle a imaginé la notion de «compilateur» en développant le premier modèle d’ordinateur en 1952. Elle a ainsi créé le premier compilateur, un programme capable d’associer un code source et un langage plus accessible pour les développeurs.

Mary Keller, elle, soutient la première thèse en informatique. Alors que les femmes n'avaient pas le droit d'accéder aux centres informatiques, elle participe au développement du BASIC et obtient un doctorat en 1965.

Margaret Hamilton, cette informaticienne, à qui on doit le terme de « software engineering », mais surtout c’est elle qui conçut le système embarqué du programme spatial de la mission Apollo 11 au cours de laquelle, pour la première fois, des hommes se sont posés sur la Lune, le 21 juillet 1969.

Comme on le voit du 19e siècle jusqu'après la Seconde Guerre mondiale, la programmation est essentiellement effectuée par des femmes. Dans les années 50, la moitié des effectifs du secteur informatique sont des femmes. Les femmes resteront d’ailleurs majoritaires jusqu’à dans les années 70. Dans les années 80, 40 % des diplômes informatiques étaient délivrés à des femmes en Europe et aux Etats-Unis.

Moon

Dans les années 1990, deux phénomènes sont déterminants dans la chute du nombre des femmes dans les filières numériques :

  1. La montée en puissance de l’informatique qui est devenue un enjeu stratégique pour les entreprises et les Etats. Elle a ainsi gagné en prestige et les hommes s’y sont engouffrés en masse au détriment des femmes.
  2. L’apparition des ordinateurs individuels a permis d’équiper quasi exclusivement des hommes (les pères et leurs fils) au sein des foyers.

Or l’histoire démontre que lorsqu’un champ de savoir prend de l’importance dans le monde social, il se masculinise. A ce sujet, découvrez le livre très intéressant Les oubliées du numérique de Isabelle Collet, informaticienne, enseignante-chercheuse à l'université de Genève.

Trois exemples de métiers qui ont suivi cette évolution :

Pictogramme cybersécurité

Dans les années 1980-1990, lorsqu’on parlait de sécurité informatique, on retrouvait 20 % de femmes qui travaillait dans ce domaine. En 2020, on parle désormais de cybersécurité, enjeu stratégique, le résultat est que seules 11% de femmes travaillent dans ce domaine.

Pictogramme réseau

En 1990, le métier «d’employé et d’opérateur de l’informatique» était ainsi surtout composé de femmes opératrices de saisie, ensuite ces postes sont devenus des « postes d’opérateurs d’exploitation en informatique », bien plus qualifiés et gagnent en importance, ils sont donc désormais principalement occupés par des hommes.

Pictogramme développement

Jusqu’en 1960, les « postes de codages » des ordinateurs étaient ainsi presque exclusivement féminins en Grande-Bretagne. En 1965, aux États-Unis, on trouve 30 % de femmes en programmation. En 1982, 35 % des emplois d’informaticiens en France sont occupés par des femmes. Aujourd’hui l’importance du traitement et de l’analyse des données et l’avènement de l’intelligence artificielle font que seulement 12 % de femmes travaillent dans ce secteur en France.

Comment favoriser la mixité dans le numérique ?

La sous-représentation des femmes dans le secteur du numérique représente une régression sociétale porteuse d’inégalités et elle a un coût économique.

Aujourd’hui, le secteur numérique est l’un des moteurs de l’économie, avec des entreprises qui connaissent des croissances importantes et transforment la société. C’est le secteur qui générera le plus de nouveaux emplois dans les années à venir : l’emploi dans le numérique progresse 2,5 fois plus vite que dans les autres secteurs. En exclure les femmes est dommageable, car cela les priverait d’opportunités d’emploi dans un secteur en forte croissance, aux statuts plus stables, aux perspectives de carrières prestigieuses et fortement rémunérées.

De même, d’un point de vue économique, selon la Commission Européenne, si les femmes occupaient autant d’emplois que les hommes dans le numérique, il s’ensuivrait un gain d’environ 9 milliards d’euros par an pour le PIB européen.

Quant à la France, la parité dans le numérique générerait 10% de PIB supplémentaire d’ici à 2025 selon une étude de McKinsey.

Découvrez les engagements de la GEN pour restaurer la mixité dans le numérique

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