Dario Spagnolo : « Le formateur a encore toute sa place dans le mécanisme d’apprentissage ! »

Dario SpagnoloTombé dans la marmite informatique à l’âge de 7 ans, Dario Spagnolo explore les innombrables possibilités offertes par le numérique depuis plus de 20 ans. Décrocheur scolaire, il refuse le postulat d’un modèle d’éducation unique. Depuis 2004, Dario est à l’origine d’une agence web (Moon Websites), d’un concours (Open du Web) et de plusieurs écoles. Aujourd’hui, avec O’clock, labellisée Grande École du Numérique, il apporte à l’EdTech une innovation pédagogique majeure dans le domaine de la formation à distance. Le format téléprésentiel proposé garantit un accompagnement permanent et en direct-vidéo de la part de formateurs expérimentés. Rencontre avec Dario Spagnolo, que nous avons eu le plaisir d’accueillir lors de notre table-ronde Eduspot sur le numérique et l’innovation pédagogique.

 

Les enseignants et formateurs sont-ils amenés à disparaître avec l’avènement du numérique ?

Le formateur a encore toute sa place dans le mécanisme d’apprentissage ! Longtemps, le numérique est resté une anecdote dans l’apprentissage. Il n’était considéré que comme un moyen de réduire les coûts en supprimant les formateurs. L’accent n’a pas été mis sur l’efficacité pédagogique que le numérique pouvait apporter, en s’appuyant sur le formateur qui fait partie de l’équation. Le rôle du formateur peut en effet être réduit dans une phase d’initiation : les MOOC peuvent suffire pour découvrir un sujet.
 
Le rôle du formateur est incontournable quand on veut aller plus loin et se spécialiser. D’ailleurs, le métier de formateur se numérise. En se posant la question du rôle du formateur au regard des outils numériques, on se pose aussi la question de l’utilisation que le formateur fait de ces outils. Grâce au téléprésentiel, le formateur est beaucoup plus sollicité par des questions. Son rôle est plus interactif dans la prise en compte des remarques pour aborder des questions complémentaires. Il ne fait pas que dérouler un plan de cours traditionnel. Les apprenants ont moins peur de déranger et craignent moins le regard des autres !
 

Les données permettent une personnalisation très poussée de l’apprentissage. Quels sont les champs du possible aujourd’hui ?

La collecte des données de manière agrégée dans le cadre de processus d’apprentissage est très facile avec le numérique, surtout dans notre cas puisque toutes les actions des apprenants d’O’clock se déroulent dans un environnement informatique maitrisé. On peut ainsi mesurer les clics de souris, les changements de fenêtres, etc.
 
Pour ce qui est de l’exploitation des données, on n’en est encore qu’au début. Les données doivent être simplifiées pour être mises en temps réel à disposition du formateur. Avec le numérique, on est capable d’aller au-delà de la formation présentielle classique. Les interactions sociales et la data sont plus riches en ligne que lors d’une interaction physique. Cela explique pourquoi l’efficacité pédagogique est plus grande en téléprésentiel qu’en présentiel.
 
En ce qui concerne le suivi personnel, obtenir des données individuelles est très utile pour le formateur. Le suivi individuel peut pourtant crisper l’apprenant dès que l’exploitation devient plus concrète. Plus l’exploitation des données sera répandue et encadrée, plus elle sera acceptée.
 

En quoi le numérique permet-il de se préparer au 21e siècle ?

Même en dehors d’une formation numérique au numérique comme O’clock, les compétences induites par l’utilisation des outils numériques sont cruciales. Je pense au travail en réseau ou encore aux « soft skills« . Le fait de se former via des outils numériques permet de gagner en expérience sur ces sujets. Avec O’Clock, nos apprenants sont mis en condition de collaboration à distance. En règle générale, les personnes qui maîtrisent les processus et outils numériques sont davantage prêtes à collaborer en milieu professionnel. C’est une belle opportunité !
 

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